Thomas More ou l’homme libre
Pièce de Jean Anouilh.
3 h 04
Camp Saint-Thomas More, 17 Août 1996
L’auteur, Jean Anouilh, a représenté sur scène le drame historique de l’opposition de Thomas More à son roi Henri VIII d’Angleterre, par devoir de conscience. Son scénario original tient plus du théâtre shakespearien que du cinéma, par la juxtaposition brutale des scènes – il faudrait plutôt dire de tableaux – qui visent à représenter un drame unique, qui se joue tout à la fois à Chelsea, demeure de Thomas More, et au palais du roi.
Cette représentation fut une réussite : les cœurs furent séduits par le personnage le plus beau, le plus pathétique, le plus figuratif de notre seizième siècle catholique. Les circonstances dramatiques, rappelées en conclusion par notre Père, décuplaient la force et la vérité des types d’hommes et de femmes ! Caractère éternel des Henri VIII, des pervers ambitieux comme Cromwell, des femmes dominatrices et jalouses comme Anne Boleyn, des faibles comme Norfolk, des Judas comme Rich... Devant eux, comme le ciel opposé à l’enfer, la tendresse si douce de Margaret, Meg pour les intimes, la piété filiale de Ropert, la sainteté si humaine, si émouvante de Thomas, père aimable, époux patient, sujet loyal, chrétien à la foi toute pure. Fort et fragile, doux et ferme, grave et plein d’humour, il monta, étape par étape, jusqu’au billot, dans la sérénité d’une âme délivrée de ses angoisses, dans la plénitude de toutes ses tendresses humaines pourtant sacrifiées. Accusé, jugé, condamné, il était devenu le révélateur de ceux qui l’accusaient, le jugeaient, le condamnaient, en un puissant renversement des sorts.