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Polyeucte martyr

Tragédie chrétienne de Corneille.

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2 h 00

Camp Notre-Dame de Fatima, 18-19 Août 2002

La tragédie de Polyeucte a été composée par Pierre Corneille en 1643, année de la mort du roi Louis XIII. Il la dédia à la régente de France Anne d’Autriche, pour « lui parler de de qu’elle aime le mieux » et « l’entretenir de Dieu ». La pièce met en scène l’histoire authentique d’un jeune prince arménien martyrisé aux environs de l’an 250.

Selon le martyrologe, Polyeucte n’était pas encore baptisé, mais fortement poussé au baptême par son ami Néarque, quand il eut une vision du Christ le dépouillant de sa robe souillée pour le revêtir d’une autre, toute blanche et lumineuse. Enflammé par cette vision, il résolut de se rendre au temple afin d’y briser les idoles et déchirer l’édit de persécution que l’empereur Dèce venait de promulguer contre les chrétiens, accusés d’être rebelles aux lois de l’Empire.

Ni les belles paroles, ni les menaces de son beau-père Félix, gouverneur de la province, ni les pleurs de sa jeune épouse Pauline, ne parvinrent à ébranler la constance de Polyeucte, et celui-ci, comme le rapportent les Actes de son martyre, « sans autre baptême que son sang, s’en alla prendre possession de la gloire que Dieu a promise à ceux qui renonceraient à eux-mêmes pour l’amour de lui ».

Du récit d’un martyre, Corneille a fait un drame sacré. Après la description de la passion de l’honneur (Le Cid), celle de la patrie (Horace), la clémence du Prince (Cinna), voici la mise en scène de l’honneur de Dieu et de son amour. Corneille atteint dans Polyeucte le sommet, la perfection de son art dramatique. D’acte en acte, de scène en scène, on assiste à une véritable ascension mystique : tous n’atteignent pas le sommet de la montagne comme Polyeucte, mais tous, régénérés par son sang, sont emportés dans ce courant de grâce et de tendresse sublimée dans le sacrifice, et “ s’approchent de Dieu ” comme dit Notre-Dame de Fatima en son troisième Secret. Heureux sort, divine aventure !

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